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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 21:29



(...) C'est cela le véritable rêve américain, pas vrai ? Pouvoir repartir de zéro, changer de forme, disparaître et resurgir plus tard en étant quelqu'un d'autre. Pouvoir survivre au meutre délibéré de son propre passé et même assister à ses propres funérailles, si on le désire, en regardant le cortège funéraire depuis l'ombre d'un bouquet d'arbres à quelque distance. Etre l'inconnue en bordure de la foule, celle dont la présence  se remarque à peine ou n'attire que de rares commentaires. Je ne sais pas qui c'est, c'est une amie de quelqu'un dans la famille, je suppose. Et quand tout le monde enfin a quitté le cimetière et qu'on reste seule, alors on peut s'avancer, prendre une des fleurs dans l'un des paniers posés au bord de la tombe et se la mettre dans les cheveux si on en a envie, et puis, comme un joyeux fantôme, s'éloigner en sachant secrètement que tout en bas, dans l'obscurité sous la couche de terre, le cercueil est vide et ne contient que de la sciure, des cailloux ou un mannequin rempli de paille.
J'ai poussé mon sac devant moi sur la banquette arrière d'un taxi et je suis montée. Le chauffeur, un irlandais de Boston au visage plat, portait une casquette des Red Sox. Il s'est tourné vers moi et m'a dit: " 'jour.Ca va? Où c'que vous allez ?" (...)

American Darling, Russel Banks, traduit par Pierre Furlan, Babel Actes Sud



Cet extrait montre exactement ce que j'aime dans ce livre, ce que la vie a de terrifiant et la légèreté qui fait continuer, la fleur dans les cheveux, le détail incongru. L'histoire peu connue du Liberia y est détaillée à travers le parcours d'Hannah entre l'Afrique et l'Amérique.

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Published by Léonie Colin
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