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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:51


(A lire d'abord)

Premier regard du jour  au milieu des draps en pagaille, ils se sourient avec bonheur. Attirés par le ciel déjà bleu, ils repoussent les voiles de la fenêtre devant la perspective du parc . Tendresse de l’herbe après la rosée , ombre  des vieux cèdres, les verts du paysage  scintillent contre les  pierres grises de la demeure. Après la terrasse bordée de balustres , la prairie en pente douce vers l’étang, calme miroir , vapeurs laiteuses . Sous la masse des grands arbres, deux cygnes blancs dérivent , immobiles excepté  de douces impulsions pour demeurer ensemble . Pas un souffle, pas une ride sur la nappe glauque . Le refrain obstiné d’une tourterelle accompagne la naissance du jour,  tout le jardin célèbre  la matinée.

 Il sursaute et commence à récolter ses vêtements éparpillés entre  palier et   couloir . Elle a enfilé un peignoir de soie écarlate . Lovée dans un fauteuil de tapisserie au dos droit elle ne le quitte pas des yeux. Il se prépare fébrilement , commentant pour lui-même :

- Il faut que j’appelle chez moi maintenant, quelle heure est-il ? ma montre est arrêtée, as-tu l’heure ? 

Elle lui répond  d’un sourire lumineux . Assis  sur le marbre de la coiffeuse, hochant  sa tête triangulaire , le chat suit chacun de ses mouvements. Il continue à parler en s’habillant.

- A bientôt, dès que je  peux, je reviens te voir…II  descend légèrement, soudain libéré, il danse presque, la tache écarlate de son trousseau  luisant au bout de ses doigts.

En haut des marches, immobile , les cheveux quasi bleus sur la soie rouge,  les yeux rivés sur lui, elle s’imprègne  de sa voix et du souvenir de son corps.


Son pas alerte , tout son être,  exhalent  la hâte de retourner à sa vie après cette heureuse parenthèse . Chez sa femme. Une guirlande de mensonges au bord des lèvres.  Un dernier regard, un sourire triomphant malgré lui, il disparaît. Elle fixe l'image de son épaule et son bras contre le battant, le regard conquérant mal réprimé, l'inconsciente fatuité, le charme . Tout ce qu'elle gardera de lui parmi les autres. La  porte d’entrée  referme   le sombre hall   qu’ un rayon de lumière a eu le temps de traverser .

Elle s’arrête devant la console. Contre ses paumes le cuir de  la reliure semble vibrer, elle  ouvre le livre. Le ciel devenu gris descend comme un volet sur l’œil-de-bœuf du palier .  Dans la chambre , elle  clôt  les  hautes fenêtres , veillant à ne pas  prendre dans la crémone les voilages déjà fasseyants. Elle  redescend   l’escalier, le chat contre les chevilles, le vent siffle déjà contre les pentes du toit.  Sa soeur  surgit - Combien de petits déjeuners ? - Monte le plateau  pour deux dans la chambre et fais couler un bain,  il n’ira pas loin , l’orage arrive.  Elle  la rappelle                 - Anne, ce sera ce matin . Pour la voiture tu trouveras ses clés dans son blouson (...)


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Published by Léonie Colin
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commentaires

Léonie Colin 12/03/2009 22:26

Je veux un lien là, je ne trouve pas ton texte, il faut réunir la famille BB :)

coline 12/03/2009 21:55

Son enfance, je ne sais pas, mais sa première femme ...! (Si tu veux que je te dise tout, rendez-vous sur mon bmog rubrique " le premier amour de Barbebleue" !
Alors, Boucles bleues était sa mère ?

Léonie Colin 12/03/2009 07:21

Sa soeur ou sa mère?
C'est un gars qu'a pas eu de chance, il a eu une enfance malheureuse. Il a été traumatisé, comme qui dirait, alors automatiquement hein, ya des problème après ...

coline 11/03/2009 23:45

C'est bien ce que je pensais: on a calomnié Barbebleue, en fait c'est une crème, c't'homme-là quand on voit sa petite soeur !

Léonie Colin 11/03/2009 21:12

Exactement, c'est ma version en tous les cas. Les contes, je me les réécris à ma guise :)

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