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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 08:44

portrait inconnu


Etourdi de soleil

S’ébrouer la tête des gouttes de l’océan salé

La liberté

De prendre la caisse pour une virée

A la plage l’été féminin

Aux dieux de pierre l’hiver

Aux enfants couronnés du vert du printemps

Aux parfums des feuilles colorées l’automne

Un goût de fini, de moment flétri dans la bouche

Ou la révolte arrêtée figée de couleurs en mouvements

Et la paix.

Liquéfaction
 
Frissons de grandeur à l’entrée de la musique qui nous fait sentir tout petits, huilés dans une grotte sous-marine gigantesque et haute comme les orgues qu’elle déploie dans un froissement de soie rouge. La puissance de l’imagination vrombit et redouble de maîtrise au regard jeté en arrière sur le pays des songes où nous avions planté une hutte confortable aux branches coupantes comme des coraux, il était temps de partir et de lire la réalité à travers nos efforts soutenus pour échapper au prisme mort du miroir. Là où des trépanés passent à toute vitesse encore maintenant nous sommes tentés à la roulette des jeux du miroir. On s’y crève le ventre en mourant ou bien on revient muet et bavard à la fois devant tant de débordements de vie en nous, c’est une crevasse invisible à combler. Et sous les grésillements des mâts dans la tempête, on prépare les prières bruyantes aussi vite que le silence résumant tout. Tout se tait et la musique reprend lentement. Sous des ruines marines pulsent des cœurs noyés d’étreintes mortes, la poudre laissée là par l’explosion de galaxies il y a des années-lumière de cela. Et la musique retentit en échos pénétrants dans les pierres à la surface des vies.
 
                                                          Reflets 

 Des fleurs pleuvent en rideaux soyeux
Deux corps en entrelacs aux éclats de la chair
Les frissons du soleil et les momies de la lune en lutte dans les étoiles frottées
 
L’œil du cyclone vers l’union authentique plaque son vide au-dessus de nos têtes
Aspirés
Pesés
Vus
En-deçà de nos paroles et de nos comportements
 
Comme tous les fleuves coulent vers les mers
Le reflet danse dans le ventre de nos songes éveillés
 
Et musclée et nerveuse, la lune argente l’océan léger au regard.

  Guénolé Dufeu (extrait du recueil Coeur)

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Published by Léonie Colin
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commentaires

Léonie/ Marisol/ Sylvette 18/12/2009 18:54


C'est de ma faute , j'ai coupé trop vite, la prochaine fois je posterai une petite série de textes de Guénolé (hé hé, j'en ai d'autres sous le coude!)


EmmaBovary 18/12/2009 18:07


J'ai lu ce texte il y a plusieurs jours et j'y suis revenue aujourd'hui. Ce poème de Guénolé Dufeu raconte beaucoup de choses et plus on le lit, plus il prend de la saveur.
Et j'aime beaucoup ton expression "goût de déjà fini", Laurence, c'est exactement ça!


laurenceM 18/12/2009 17:54


Je ne sais jamais trop quel commentaire faire sur un poème. Après avoir lu Coeur, je pourrais dire, par exmple, " un goût de fini " , oui, " un goût de déjà fini". C'est beau, mais trop court !


Léonie 18/12/2009 15:10


Merci Guénolé pour cette plage d'été au milieu de l'hiver ...


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