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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 07:41

 

Un texte de Benat Laneguine et Marie. Pas de pitié pour nous autres les vieilles grosses et moches...

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Bonnie and Clyde  

   
Adossés au mur de l’immense temple protestant dominant la ville de Brainstone, Bonnie et Clyde se préparent à commettre leur premier méfait, un coup d’une simplicité déconcertante. Tout est calculé, même les rondes du shérif sont répertoriées dans un vieux cahier d’écolier. Cela fait des semaines qu’ils observent les habitudes de chacun, les allers et venues des clients. Des semaines qu’ils dessinent les plans du magasin et de ses alentours tout en imaginant le scénario qui sera le leur. Tout est prêt. Le risque zéro est assuré.
Le jour tant attendu arrive enfin. Un soleil de plomb assomme la ville. Dans les rues, il n’y a pas l’ombre d’une âme. Clyde réajuste son panama après s’être essuyé le front avec son mouchoir. Bonnie replace les plis de sa jupe, remonte ses chaussettes et se recoiffe. Ils sont calmes, concentrés. Les traits de leurs visages sont à peine tendus. Après avoir échangé un dernier regard, ils partent chacun de leur côté. 
Comme tous les mardis, Angela tient seule l’épicerie. Son mari vaque à d’autres occupations. Ce coup-là sera facile cependant ils savent que d’autres viendront où coulera le sang. Les battements de leurs cœurs s’accélèrent mais leurs mains ne tremblent pas. C’est leur destin. Une montée d’adrénaline les envahit. Maintenant, le couple joue dans la cour des grands. Ils n’ont peur de rien, leur instinct les guide. Bonnie et Clyde sont pour nés pour braquer.
Ils approchent en silence.
Devant l’entrée, la patronne somnole sur son rocking-chair. Ses mouvements sont lents, ses kilos sont là. Ses cheveux gris et graisseux collent à ses tempes. Sa robe épouse avec difficulté ses formes débordantes. Sa canne repose à ses côtés. Bonnie grimace en regardant ce tas informe affalé au fond du fauteuil à bascule. Clyde s’en moque. Il arrive tranquillement sur le côté du bâtiment, les mains dans les poches.
Il a pour mission de voler. Elle, elle doit maîtriser la vieille impotente.
Les ronflements de l’épicière couvrent les légers bruits provoqués par leurs chaussures. Clyde passe par la fenêtre pendant que Bonnie saisit la canne. Il trouve aussitôt ce qu’il est venu chercher, s’en empare puis s’éloigne en direction du temple. Un doute, le retient. Il tend l’oreille et reste aux aguets.
Bonnie lève son arme et le coup part en plein dans la tête. Puis, imperturbable, elle rejoint l’homme de sa vie. Il est surpris, jamais elle n’avait perdu la raison.
— Pourquoi l’as-tu assommée avec sa canne ? demande Clyde
— Elle ronflait trop fort ! répond malicieusement Bonnie, une étrange lueur dans les yeux.
Elle esquisse un sourire, l’embrasse rapidement. Le temps presse. Ils sautent sur leurs vélos et décampent avec leur butin.
Bonnie, neuf ans, et Clyde, dix ans, ont trois kilos de bonbons dans leur musette et un palmarès à venir.

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Published by Léonie Colin
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danielle 21/11/2010 19:46


Ces chers petits, vraiment adorables et en avance pour leur âge!


léonie/marisol 18/11/2010 13:33


Peut-être le temps pour la Rollex, mais pas pour les cinquante ans...


Beñat Lanéguine 18/11/2010 13:26


Une Rollex avant cinquante ans ? Z'ont pas eu le temps !


léonie/marisol 18/11/2010 12:41


Déformation de nouvelliste ...


annick.demouzon 18/11/2010 12:36


On se doutait bien que j'y avait un truc, mais quoi?


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