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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 21:33




dans les yeux du chat
la couleur de la mer
l’été de la Saint Martin

Yorie

 


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Published by Léonie Colin
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 20:51


(A lire d'abord)

Premier regard du jour  au milieu des draps en pagaille, ils se sourient avec bonheur. Attirés par le ciel déjà bleu, ils repoussent les voiles de la fenêtre devant la perspective du parc . Tendresse de l’herbe après la rosée , ombre  des vieux cèdres, les verts du paysage  scintillent contre les  pierres grises de la demeure. Après la terrasse bordée de balustres , la prairie en pente douce vers l’étang, calme miroir , vapeurs laiteuses . Sous la masse des grands arbres, deux cygnes blancs dérivent , immobiles excepté  de douces impulsions pour demeurer ensemble . Pas un souffle, pas une ride sur la nappe glauque . Le refrain obstiné d’une tourterelle accompagne la naissance du jour,  tout le jardin célèbre  la matinée.

 Il sursaute et commence à récolter ses vêtements éparpillés entre  palier et   couloir . Elle a enfilé un peignoir de soie écarlate . Lovée dans un fauteuil de tapisserie au dos droit elle ne le quitte pas des yeux. Il se prépare fébrilement , commentant pour lui-même :

- Il faut que j’appelle chez moi maintenant, quelle heure est-il ? ma montre est arrêtée, as-tu l’heure ? 

Elle lui répond  d’un sourire lumineux . Assis  sur le marbre de la coiffeuse, hochant  sa tête triangulaire , le chat suit chacun de ses mouvements. Il continue à parler en s’habillant.

- A bientôt, dès que je  peux, je reviens te voir…II  descend légèrement, soudain libéré, il danse presque, la tache écarlate de son trousseau  luisant au bout de ses doigts.

En haut des marches, immobile , les cheveux quasi bleus sur la soie rouge,  les yeux rivés sur lui, elle s’imprègne  de sa voix et du souvenir de son corps.


Son pas alerte , tout son être,  exhalent  la hâte de retourner à sa vie après cette heureuse parenthèse . Chez sa femme. Une guirlande de mensonges au bord des lèvres.  Un dernier regard, un sourire triomphant malgré lui, il disparaît. Elle fixe l'image de son épaule et son bras contre le battant, le regard conquérant mal réprimé, l'inconsciente fatuité, le charme . Tout ce qu'elle gardera de lui parmi les autres. La  porte d’entrée  referme   le sombre hall   qu’ un rayon de lumière a eu le temps de traverser .

Elle s’arrête devant la console. Contre ses paumes le cuir de  la reliure semble vibrer, elle  ouvre le livre. Le ciel devenu gris descend comme un volet sur l’œil-de-bœuf du palier .  Dans la chambre , elle  clôt  les  hautes fenêtres , veillant à ne pas  prendre dans la crémone les voilages déjà fasseyants. Elle  redescend   l’escalier, le chat contre les chevilles, le vent siffle déjà contre les pentes du toit.  Sa soeur  surgit - Combien de petits déjeuners ? - Monte le plateau  pour deux dans la chambre et fais couler un bain,  il n’ira pas loin , l’orage arrive.  Elle  la rappelle                 - Anne, ce sera ce matin . Pour la voiture tu trouveras ses clés dans son blouson (...)


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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 20:17





Neuf ans, violée, enceinte de jumeaux, condamnée par l’Eglise

Dans les journaux, elle n’apparaît en photo que de dos, afin de protéger son identité. Une frêle enfant aux cheveux longs et bruns, ramassés dans la nuque. Nous l’appellerons Maria. Elle vient d’avoir neuf ans, et elle habite  près de Recife, la capitale du Pernambouc, dans le Nordeste brésilien, la région la plus pauvre du pays.

Elle se plaignait de maux de ventre.  Le 25 février, sa mère l’a emmenée au centre de santé, pour découvrir qu’elle était enceinte de jumeaux, suite à des viols répétés commis par son beau-père. Interrogée, Maria révèle qu’elle est victime d’abus sexuels depuis l’âge de six ans. C’est cette vie sexuelle précoce qui a provoqué un déclenchement de ses règles avant l’âge. Son beau-père a reconnu les sévices devant la police, tout comme ceux qu’ils commettaient contre la grande soeur de Maria, âgée de 14 ans. Leur mère assure n’en avoir rien vu. Le cauchemar ne s’est pas terminé. Maria a le droit d’avorter, elle se situe même dans les deux seuls cas qui permettent légalement l’avortement au Brésil : le viol et la mise en danger de la santé de la mère. Dans les autres situations, c’est impossible, comme dans le reste de l’Amérique latine, hormis à Cuba et dans la ville de Mexico où un référendum a récemment légalisé l’interruption volontaire de grossesse. Le ministre de la santé voudrait lancer un débat sur la question au Brésil, arguant d’une part que les grossesse précoces brisent les vies des adolescentes, et rappelant le nombre de femmes qui meurent en tentant des avortements sauvages. Des centaines tous les ans. Mais il se heurte à la détermination de l’Eglise qui est prête à tout pour, au contraire, en finir avec les deux exceptions de la loi brésilienne. Elle vient de le démontrer avec l’histoire de Maria. Sa mère a été poursuivie par les autorités religieuses, qui ont convaincu le père de Maria de s’opposer à l’interruption de grossesse. La gamine a dû être transférée dans un autre hôpital, pour un avortement d’urgence, à quinze semaines de grossesse. L’enfant mesure 1,33m et pèse 36 kilos. Selon le directeur de la maternité, les risques pour sa vie étaient énormes, son corps n’étant  pas prêt à porter deux enfants, sans même mentionner le drame psychologique. Maria a finalement réussi à se faire avorter il y a deux jours, mais l’Eglise vient d’annoncer l’excommunication de tout le corps médical responsable de l’acte. Depuis les années 1980, alors que le vent de conservatisme souffle de plus en plus fort sur le Vatican, la religion catholique ne cesse de perdre des adeptes, 1% par an, selon les spécialistes des questions religieuses.

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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 14:22

La ville de Mauves, en bords de Loire , organise chaque année un festival du polar délicieux avec lecteurs, auteurs, éditeurs et libraires. On peut y acheter des livres neufs et d'occasion, y débattre de sujets aussi importants que  la liberté, et y goûter un vin délicieux: le Malvoisie.
Le festival donne lieu à un concours de nouvelles dont les textes sélectionnés l'année dernière sont en ligne (ne manquez pas En eaux troubles de Frédérique T. dite Emma B.) , le palmarès 2009 est paru. Rendez-vous pour des débats, des films et des lectures les 25 et 26 avril à Mauves sur Loire.

Photo: gracias à Julie
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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 12:18


- T’es mon joker ,  il me disait.

Son joker. Il se croyait où ? Il venait là  comme à une table de jeu. Moi je l’attendais, je me pomponnais, je soupirais, je vérifiais dans la glace, j’essayais des dessous qu’avaient  tout du paquet-cadeau.

Le pire c’est que je m’en rendais compte.

Son joker , toujours prête, seule entre ses quatre murs, guettant le téléphone et la sonnette dans l’espoir de son  passage dans le quartier…

Ça n’aurait pas dû  se passer comme ça. Normalement la first one  c’était moi. Ou Anna, mais enfin là , j’avais le dessus sans problème.

La  Mère était  de mon côté, sûre de mon destin elle me répétait la litanie  pendant des heures : présentations, fiançailles, bague au doigt,  tralala et tous les regards vers moi. Je l’écoutais, sûre d’être l’élue, comment en douter quand votre maternelle vous serine du matin au soir :

- Tu es née pour être une dame, tiens-toi droite, ton vernis n’est pas assorti à ton rouge, ne ris pas si fort, tu es la prochaine sur la liste …
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 08:04


(...) C’était  le bon temps, Anna et moi  à fond sur le look, les magazines, les tenues des stars en photo dans Oser, on en avait les yeux usés à force de les regarder.

On se levait à neuf heures, petit déjeuner diététique, jogging, passage par le kiosque au retour, douche et déjeuner. L’autre, la fille de notre  beau-père,  arrivait du Mac Do où elle travaillait le midi, juste à temps pour débarrasser. On passait au salon  la Mère, Anna et moi , et c’était parti pour la lecture des journaux et des magazines . On sortait toutes les trois après pour un peu de shopping, on lui laissait le champ libre pour son ménage .

J’aurais dû être choisie,  c’était ma place. Quand l’annonce du concours est arrivée, on était folles , Anna et moi. « Princess  Academy, l’émission qui révèle la princesse qui dort en vous » . C’était clair , notre heure était venue.

A la clé pour les huit gagnantes du casting, quatre semaines avec Charming Kevin , le prince de la télévision , les pectoraux de la chanson française, sous le regard de soixante-douze cameras dans un loft Tkea avec piscine et tout. Le rêve . Deux éliminées par semaine et combat de catch dans le chocolat entre les deux dernières. A la loyale, quoi, et pour  la gagnante deux semaines au soleil avec Charming , des photos, des émissions de télé. Le bonheur , la classe. Tout, quoi.

La  Mère était  sur les dents,  la télévision c’est le top , encore plus fort  que d’épouser un patron ou un gagnant du loto. Surtout qu’ils courent pas les rues et qu’ils sont parfois vieux et radins. Z’avez qu’à demander à Cynthia qu’a fait le grand saut avec le directeur de Cravates kiosk, « L’élégance à prix cassés » . Trop vénère, elle croyait toucher le gros lot elle se retrouve avec un vieux de quarante ans  jaloux et même méchant, qui lui a signé un contrat merdique : si elle le quitte c’est la misère.  Princess Academy c’était le rêve : se la péter devant les voisins, ça n’a pas de prix (...)
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25 février 2009 3 25 /02 /février /2009 21:42

...et après les courses, on pourrait aller chez Agatha, ou chez Victor.
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 09:53
Rondeau de l'orthographe

krégné les phôtes d'ortografe,

ekoliés, je vouzen supli
fo pas troizèfes à giraffe
sachéle bien, un seul sufi

de nos jour on é bien genti
on vous footra paz une baffe
si vouvou trompai mais je le di
krégné les phôtes d'ortografe,

si vous évrivéz mâl agraffe
sa vous souivra toute la vi
et ballafrre ! et gaphe ! et carraffe!
krégné lé phôtes d'ortografe,

Jacques Roubaud, poésie, Folio cadet
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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 10:18


Je ne sais pas vous, mais moi ça me rassure de lire sur les murs des traces de mauvais esprit ... Heureusement que certains parlent pour les invisibles.
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 16:17
J'aime le cimetière Montparnasse, j'y ai mes rendez-vous , mes favoris, anonymes ou connus. Les Amants de Brancusi, l'Oiseau de Niki de Saint Phalle et Tinguely, le Centaure de César Baldaccini ... Celui-ci est petit et costaud, comme l'était César lui-même. Je le préfère aux sculptures monumentales comme le centaure qui trône sur le rond point près du Vieux Colombier.


Hier matin, nous avons découvert que quelqu'un lui avait glissé entre les mains cette énorme fleur blanche qui ressemble , comme le dit  Emma, à une fleur de magnolia.

Voilà, je vous passe les détails sur les tombes que j'aime: l'ange sous la verrière, le pélican rose, le temple d'inox, les messages dans toutes les langues déposés sur la pierre de Sartre et Beauvoir , la kitschissime sépulture des époux Pigeon...
Bravo à Choucroute et Emma qui ont trouvé à partir d'une si petite photo ...
et bravo à ceux que cette fleur entre des doigts de fer a fait rêver, leurs commentaires sont savoureux.
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