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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 23:47

Chez Victor


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Published by Léonie Colin
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 07:58

Pas d'aile, pas d'oiseau,

pas de vent, mais la nuit,
Rien que le battement d'une absence de bruit.

Eugène Guillevic

Tourner, ne pas dormir, décider de l'appeler.




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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 23:21

J'ai suivi les flèches en sortant de l'ascenseur; cette dame était déjà dans la petite salle d'attente sous la lumière beige qui éteint les regards , en train de se débattre avec la blouse.

La blouse couleur d'eau qu'il faut enfiler à l'envers avant de suivre les pas tracés par terre  vers les machines sonnantes , de se passer les mains à l'alcool et de chercher parmi les gisants celui qu'on est venu voir.
La blouse , pas tout à fait assez large pour elle. Le visage figé, elle  répète     "   je ne sais plus  comment on fait , pourtant je suis déjà venue, je suis déjà venue..."
Au moment où je tends la main pour l'aider à passer son bras dans la manche, je me revois sur ce bateau devant Boston. Un promène-touristes qui nous emmenait  regarder les baleines sous un soleil de fête. Plus d'une heure de route, les moteurs à plein, les Américains joyeux et fraternels. Quand une brise est venue fraîchir , chacun a sorti son coupe-vent ou son pull. Je me souviens de ma surprise quand ma voisine de banc, plus âgée que moi, m'a tendu la manche de ma veste. Autour de nous les touristes s'entr'aidaient , chacun contribuant à emmitoufler l'autre, qu'il le connaisse ou pas. 
Je remonte la blouse sur ses épaules, je ferme le troisième bouton , je la guide vers la salle de réanimation.
Je vais parler des baleines à celui que j'aime...

Photo Julie
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 19:08

La photo du jour de Frédéric, une pensée pour celles et ceux qui vivent au bout de tuyaux , qui regardent des poches égréner les heures, goutte à goutte,  au-dessus d'eux.
Celui que j'aime, lui, est débranché. Passé en trois jours de la souffrance passive entre machines et  alarmes à l'état naissant des premiers pas. De la guerre à la paix.
Je pense à celui qui plonge ses doigts dans des coeurs battants, à ses phalanges fines aux extrémités légèrement retroussées que je fixais le jours de la visite. Quelle chance nous avons eue !
En rentrant de l'hôpital, la tête ailleurs, j'ai roulé trop vite devant le radar, trop lentement sur la voie de gauche , j'ai failli rater la sortie de l'autoroute. Je voyais surtout le ciel , bleu , rose puis bleu, et le jour qui s'allongeait. C'était le soir, pourtant c'était un peu comme ça.






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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 19:26


Il y a vingt ans  je vous amenais  mes bébés , toujours pressée, parfois anxieuse : cette fièvre là? cette toux? et ce vaccin tellement controversé?

Bien sûr j'avais remarqué l'odeur de tabac , le très vieil escalier, le cabinet désuet, l'ampoule éclairant tristement la salle d'attente au bout de son fil.
Il y a vingt ans vous étiez un jeune docteur, à peine installé. Votre décor vieillot avait le charme d'une tanière d'étudiant, hétéroclite et pauvre.
  Les enfants sont partis vivre leurs aventures .
De retour chez vous pour une formalité, j'attends.

Ici rien n'a changé.
Vos plantes envahissent toujours les murs, le tigre d'une publicité pharmaceutique persiste à montrer les crocs entre les coins jaunis de l'affiche qui se redressent.
J'attends mon tour en regardant la porte. Quel âge aurez-vous lorsque vous l'ouvrirez ?

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 08:47


Frédéric nous envoie le canal photographié hier sous la neige. Vingt ans ont passé,  ce que nous avons partagé nous rapproche.


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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 10:55
Elle revient ! Elle est là.



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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:25

Bonne année à ceux qui ont quelque chose à dire et qui l'écrivent sur un mur, sur une feuille, dans un journal de papier ou un forum numérique. Bonne année au journal l'Amiante, à la revue Pr'ose, aux nouvellistes qu'on a le bonheur de lire ici et là.

Bonne année à celles qui aiment les livres, qui les passent à leurs voisines, qui écrivent ce qu'elles en pensent, les vrais bons guides de lecture.
Bonne année aux enseignants, aux bibliothécaires, aux écrivains du dimanche et des autres jours.

Bonne année à tous les mal vus, les improductifs, les mal fringués qui s'en foutent , bonne année à ceux qui ne passent pas à la télévision. (Georges F., je fais une exception pour vous)



Et surtout bonne année au chirurgien qui va ouvrir le coeur de celui que j'aime lundi prochain : pas trop d'excès, bonne main et bon oeil.




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31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 13:46
A propos d'un professeur surnommé ...

(...) KARL MARX avait des digestions trop indulgentes, des flanelles trop douillettes, des goûts trop vite satisfaits pour se douter de quelque chose. Il disait à qui voulait l'entendre:" J'ai une poigne de fer." Martyrisé par l'avarice de sa femme, il se consolait de sa faiblesse par des affirmations énergiques qui le faisaient passer pour un esprit sanguinaire dans l'esprit de l'instituteur adjoint. Il réhabilitait Néron, Torquémada et Sardanapale au Café du globe entre deux apéritifs. Les joueurs de manille cultivés l'avaient baptisé le Satrape; le sous-préfet le nommait Assuérus. Pour notre usage personnel, il mimait au cours des classes de latin la scène du Pacha visitant son harem et choisissant la sultane. Quand il prononçait sa grande phrase: " Je lance mon mouchoir de soie à la plus belle", et que Balèze, promu au grade de favorite, recevait dans ses mains l'immense tire-jus à carreaux jaunes tel qu'en portent les marchands de veaux, il vivait certainement en pensée une minute inoubliable. (...)

La complainte des enfants frivoles (p 181), Alexandre Vialatte, Le Dilettante
Tableau : Eugène Delacroix, La mort de Sardanapale
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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 10:15





(...) D'o
rdinaire, à l'entrée de la jetée dans une guérite un homme en uniforme sombre délivre les billets. Ce matin _ aurait-on annoncé une tempête? _ le volet est resté verrouillé, le portillon fermé, il fallait l'enjamber pour accéder à la jetée côté ouest, ce qui n'a pas retenu les promeneurs du samedi, ni les pêcheurs alignés sur deux rangs dans l'axe de la passerelle et entre eux  sont disposés la musette ou le panier, la corbeille aux hameçons les bobines les appâts dans un bocal de verre, la thermos de thé. Les lignes sont lancées par-dessus les balustres qui s'évasent en pilastres ébrasés, au stuc rongé par le sel. Tu enfonces ton livre dans ta poche.Tu mets ton bras autour de mes épaules. Tu touches mon visage tes doigts sont doux et chaud , je ris.  Parfois ton souffle_où en étais-je? Les familles. Adultes sur des pliants près de la rotonde du bingo, enfants courant ça et là trébuchant réclamant leur repas, s'arrêtant le nez en l'air devant le kiosque aux maillots de bain de louage_ serviette et bonnet inclus dans le forfait horaire. Un gosse recule et tombe à la renverse sur le sac à provisions, tu ne peux pas faire attention dit la mère développant les sandwichs, le jambon est rose entre les tranches de pain. Les marmots piaillent et se bousculent s'écartent sautillent emportant leurs tartines, chaque miette qui tombe dans les vagues déclenche le plongeon aigu d'une mouette.(...)

Jetée à Brighton, Annie Saumont in Brèves N°75
breves@atelierdugue.com
http://www.atelierdugue.com
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