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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 10:21

sancy-005.jpgLes façades ont leurs expressions, comme les visages: paupières baissées des volets, sourires en coin de balcons allongés, petites lucarnes hautaines ou chafouines. Capter sans le vouloir des bribes de la vie des autres à travers les fenêtres,  apercevoir les lumières blanches ou jaunes d'appartements par les vitres du train ...Les maisons où je n'entrerai jamais ne me laissent pas indifférente, comme les couvertures de livres jamais ouverts.

J'aimerais savoir si cette photo vous inspire,  je suis preneuse d'images de maisons stimulant votre imaginaire et de vos textes.
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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 09:11
dimanche-16-01-003.jpgdimanche-16-01-002.jpg
Norman et Buddy devant la Seignerie, île de Sark, août 2009
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 13:10
dimanche-16-01-004.jpgdimanche-16-01-005.jpg
Depuis quand traversent-ils l'île du même pas?
Entre  haies de fushias et  talus profonds, au-dessus de plages vertigineuses, l'un raconte l'histoire de chaque champ, source, ruisseau. Il égrène la mémoire des disputes, des amours, des cadeaux et des colères de l'océan. L'autre scande la chronique de ses larges sabots sur la route étroite. L'épaule contre l'épaule, le cuir de la longe sur la corne des mains pliées, leur amitié traverse le temps.
Un temps qui passe moins vite ici qu'ailleurs ...


Je me demande si vous trouverez où marchent ces deux-là ...Prochainement sur ce blog, leur portrait de face et de près.
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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 17:09

Diptyque

 

Il y a, devant ce mur de jardin, un vieillard — mais à quel âge devient-on réellement « vieillard » ? Un vieillard, sans doute. Un homme, en tout cas —, vieux. Tablier de jardinier, très long, gapette et moustache à légers crochets. On pourrait dater cette photo, à l’âge des vêtements, probablement ; à l’âge de la moustache, sans doute ; à l’âge, peut-être plus encore, de l’espalier par derrière, agrippé si fort au mur — espalier taillé à l’ancienne, taille rigoureuse, impeccable, maîtrisée. Ça ne se fait plus.

Auprès de cet homme — déjà si vieux, mais pas tant —, un bouquet de dahlias épanouis — une touffe, splendide. Jolies fleurs, incontestablement.

Il fallait faire cette photo, il le fallait absolument. À cause des dahlias, et à cause de l’homme à côté des dahlias, qui va mourir. Il le sait. Et c’est pour ça qu’il a voulu poser devant l’espalier — auprès des dahlias —, avant d’être mort.

Laisser une trace. De lui. Et de ses dahlias. On ne sait pas lequel des deux est le plus important, de lui, ou du bouquet de dahlias. Sans doute les deux. Alors, il pose — raide dans son corps, raide dans sa pensée, raide, parce que, une photo, c’est pas n’importe quoi —, avant de mourir.

Ne respirez plus. Respirez !

Il n’a pas respiré. Le temps de la photo. Cette seule photo. La pellicule coûte cher. Le tirage aussi.

*

Elle s’est assise sur une chaise, une chaise paillée, en bois ciré, qu’elle a descendue de la cuisine. Elle s’est installée devant le mur, au soleil.

Derrière, il y a le même espalier que sur la photo de l’homme vieux, peut-être déjà un vieillard. Mais pas de dahlias ;

Elle a posé sur ses genoux un peloton de laine détricotée et rembobinée, toute frisotée encore de son détricotage, une boule toute ronde, serrée, sans doute assez lourde, plusieurs pelotes d’un coup dans cette petite boule, avec le nœud déjà-encore fait de l’une à l’autre. De quoi monter un ouvrage entier.

Elle tricote. Elle a toujours aimé tricoter. Ça occupe les doigts, et pas question de fainéasser à ne rien faire, en traînant sans raison au soleil, comme ces « gens de la ville qui vont aux bains de mer ». Jean-foutres ! Ça, elle ne peut pas le dire comme ça, pas trop correct, mais le penser, un peu. Elle, toujours à faire, jamais inactive. N’irait pour rien au monde perdre son temps. Mais elle s’est posée au soleil, sur sa chaise, devant l’espalier, pour profiter de l’arrière saison. Elle n’a même pas vu qu’on la prenait en photo.

Les photos, maintenant, c’est facile à faire ! Même les gosses, ils en ont, des appareils, pour leur communion, c’est un peu comme la montre, à la place du chapelet et du missel pour les prières. Trop gâtés. Pour sûr. On en fera des bons à rien. Moi, à leur âge, je gardais déjà les vaches et j’aidais mon père, à la ferme. On n’avait pas tous ces trucs inutiles. Mais tout change…

Il y a juste une mèche de cheveux blancs qui s’échappe de son chignon trop serré. Plus serré encore que le peloton de laine, sur ses genoux.

 

Le soleil si doux lui chauffe la peau. De ses mains sortent des rangs et des rangs de mailles, bien régulières, comme a été toute sa vie. Avec juste ce qui a pu manquer d’un peu de folie. Pour le bonheur. Pour qu’elle puisse aujourd’hui penser : Au fond, j’ai été heureuse.

*

 

Le Baptiste, juste avant de mourir — qu’il croyait dur —, au moment de la photo, il s’était redit l’Adeline et comme il avait été triste, jeune, de partir à la guerre et d’être si loin d’elle, à la laisser… Il s’était redit aussi toute sa vie après, avec elle, leur vie à eux deux, à si mal se supporter. Et qu’il en avait mal.

Et, maintenant encore, au moment de mourir, il se demande comment, et pourquoi, comme il s’est toujours demandé.

 

*

Elle a déjà monté un sacré paquet de rangs. Il sera content, la Baptiste de ravoir son tricot favori. Ses doigts s’agitent et elle se dit qu’elle est vraiment bien, comme ça, à se tenir au soleil, ça lui fait du bon à ses rhumatismes. Et à sa tête : elle peut penser sans avoir honte. C’est pas elle qu’irait perdre du temps à rien faire.

Elle revoit sa vie qu’a point été tout à fait ce qu’elle aurait dû. Mais que la vie c’est plus souvent comme ça qu’autre chose. Déjà beau d’être de ce monde. Et trois enfants qu’auraient pu tourner pire. Et, l’amour, après tout, c’est peut-être bien que du mauvais roman… et le Baptiste et elle, ils sont toujours ensemble… et, ma foi… déjà…

Combien de temps, qu’elle se demande à ce moment,  j’ai encore à vivre, moi ? Et lui ? D’y penser, à la mort — celle de son vieux surtout, parce que, la sienne… — ça lui fait mal, elle se rend compte. Ils ont beau se disputer si souvent, elle n’a peut-être pas l’air, mais elle y tient encore, à lui.

Et c’est ça qu’elle se répète, en lui tricotant son nouveau chandail, oui, oui, elle y tient encore, à son Baptiste…

 

                                                                                    Annick DEMOUZON
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 11:57
dimanche-31-01-005.jpg
Merci de vos contributions créatives, j'ai apprécié la diversité de vos hypothèses!

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 16:55
dimanche-31-01-003.jpgIl y a longtemps que je n'ai pas fait appel à votre perspicacité et votre imagination, généralement mes questions ne résistent pas une demi-heure à la sagacité d'Emma B, mais bon, j'essaie quand même.
A votre avis, où cette photo a-telle été prise?

C'est quoi?
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 08:49
24-JANVIER-10-038.jpg24-JANVIER-10-037.jpg
Comme j'ai changé d'endroit, j'explique souvent où je suis maintenant, c'est facile à trouver.
En arrivant dans la baie, traverser le Grand Jardin et son phare élégant, laisser l'entrée de l'estuaire à droite, passer derrière le ferry (attention aux manoeuvres), longer le port de plaisance, et voilà...


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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 13:53

bonshommes de neige 008


(...) L’hiver, j’ignore où je le passerai. Dans l’animation joyeuse et les lumières multicolores d’une cité préparant les fêtes ? Dans la quiétude apaisante d’une cabane perdue au fond des bois ?

Qu’importe finalement, du moment qu’il y ait de la neige, beaucoup de neige.

La neige, je l’adore depuis toujours. Enfant déjà, aux premiers flocons qui virevoltaient, je me précipitais à la fenêtre. Le maître d’école hurlait : « Rémy, à votre place. Immédiatement ! » Moi, je ne l’entendais même pas, je ne me souciais ni de la punition, inévitable, ni des cris, ni des taloches de mon père qui ne manquaient pas, sitôt rentré à la maison, d’être la conséquence de mon indiscipline. Non, j’étais envoûté par le ballet de ces plumes de glace, de ces bisous gelés d’une fée plus mystérieuse qu’inaccessible.

Alors, là-bas, il peut en tomber tant et plus, les routes peuvent être bloquées, le ravitaillement difficile, l’important, c’est de retrouver l’hiver, le vrai, froid, vif, piquant. Celui qui permet de jouir de la chaleur du foyer, et d’un vin chaud, au retour du boulot ou de promenade, de resserrer les liens avec les voisins, les amis, de se sentir vivre, simplement.


Et puis, forcément, il y aura les Québécoises.

Toutes sortes de Québécoises, toutes plus jolies les unes que les autres. Des grandes, des minces, des petites grosses aussi. Des brunes, des blondes, avec des seins ronds ou pointus, des fesses charnues, des ventres accueillants. Des rieuses et des boudeuses, des mutines, et d’autres, plus difficiles à conquérir. Seront-elles différentes des filles de chez nous ? Je n’en ai pas la moindre idée… D’ailleurs, pour ce que j’en ai connu, des femmes de par ici, je serais bien en peine de faire la comparaison.

Un jour, j’en ai la certitude, je trouverai la femme, ma Québécoise, ma Blonde. Sans nul doute, elle sera différente des autres, elle brillera d’un éclat particulier qui n’appartiendra qu’à elle, et qu’elle n’offrira qu’à moi. Comment je la rencontrerai, pourquoi elle me remarquera, quelle sera cette lumière unique qui illuminera son âme, je ne le sais pas encore, et cela n’a aucune importance (...)
Jean Gualbert
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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 14:56


> Elle a dans le regard du gris et du chagrin.
> J'aime sa  voix de gravier, sa voix de cuivre rouge, sa voix de
> feuilles froissées.
> Je ne la connais pas. Mais je l'ai rencontrée : elle met des beaux
> mots, des baumes-mots sur les douleurs.
> Chaque matin elle ramasse les morceaux d'ailes.
> Elle a, vissé au cœur, le goût de consoler, ses mains sont toutes comme
> ça, tournées les paumes en l'air, pour caresser la joue des vies
> désarticulées.
> Elle fait du propre, du frais, elle lave à l'eau de javel la misère et
> la crasse, elle beurre la tartine et puis elle vous regarde.
> Souffle sur  l'étincelle : faire revivre la vie,  repeindre d'arc en
> ciel les deuils, les obsidiennes…
> Et elle chante  en sourdine - en solo bien souvent - du blues et des
> bossa, bleue comme un saxophone...
> La musique la saoule, elle soul, elle jazz, elle crie, parfois c'est
> trop, c'est trop !
> Elle a des mots d'argile  qui cassent sous le choc . Elle a des amours
> fous, des élans qui font peur, qui font honte un peu, elle va trop
> loin, trop fort,  le doux l'a dévastée, elle en porte les traces…
> Je ne la connais pas, je la connais pourtant. Elle rit comme personne,
> sa bouche est un peu grande et ça jaillit vivant ! Elle a la mer à
> boire et ça lui fait pas peur, les marées dans la tête : elle sait
> l'horaire par cœur.
> Son oiseau préféré, l' hirondelle de mer, n'attend qu'un signe d'elle
> pour tracer le printemps…

Coline Dé
stehir010425 6psource de l'image
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 11:11

voeux perso 014

 

(...) Leur premier jour, un  après-midi d’hiver. Une pile d’ouvrages  entassés par terre empêchait l’ouverture complète de la porte. L’atmosphère   tiède  consolait du  froid humide de la rue,  les tables couvertes de livres, les étagères surchargées, l’escalier encombré et la mezzanine dont le plancher ployait sous la charge : elle avait su qu'elle arrivait chez elle. Abandonnée au creux de la banquette , elle se repasse le film de leur rencontre et le retrouve tel qu’elle l’a vu ce jour-là . Grand , légèrement voûté  mais soucieux de se redresser, les cheveux blancs en arrière  , la faconde d’un amateur de conversation . Soixante-dix ans, peut-être plus . Vieux, comme tous les plus de quarante ans, mais classieux. Sa voix bien posée pour affronter la question d'une cliente:

- Oui, oui je l’ai , le catalogue Méraux, bien sûr , celui de l’exposition de cet été , je le vois très très bien, une couverture ocre, je vous le garde dès que je le trouve, oui oui bien sûr… Comme pour  se convaincre lui-même  -  Il ne doit pas être loin, on le verra dès qu’on arrêtera de le chercher, je vous le mets de côté , bien sûr… Tenez, dès que je l'ai, je vous téléphone, voulez-vous ? je note votre numéro , voilà, où est mon calepin 

Sans lunettes, quasi au jugé, il faisait mine d’écrire dans un vieux cahier aux pages bombées par les notes insérées. La femme  finit  par renoncer et partir. Se croyant seul, les coudes appuyés au comptoir croulant sous les volumes, la face dans les mains, il récupérait quelques forces.  Solenn attendait sans bouger , il l'avait découverte en relevant les yeux - Je suis venue pour la place,  à  l’agence Deverre on m’a dit de passer …

Dans un sursaut, il  lui tendait la main en souriant - Ah bonjour, très bien , vous allez pouvoir commencer , il va falloir ranger et trier les livres par ordre alphabétique des auteurs  (...)


Savoir finir, l'Encrier Renversé 2008




 
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