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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 21:21

La voix de Jane, les mots de Marguerite
. Aussi fins et délicats que les petites feuilles où jouait la lumière ce soir-là.
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Published by Léonie Colin
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:47


(...) La lame du couteau pressée contre son cou, le mur dans son dos, elle n’a pas eu le temps de comprendre. Elle se laisse glisser sur un siège et  ferme les yeux, la tête levée. Elle sent l’acier lisse contre son artère battante ; le couteau sans dents qu’elle a sorti pour la brioche de peur que  l’autre , le couteau à pain, ne déchiquette la fine peau sombre et luisante de ses créneaux aiguisés .

 Alors ça y est, c’est comme ça que ça va se passer. Elle y a si souvent pensé : allait-elle s’endormir, tomber, manquer d’air ? Finalement une inconnue va l’aider à passer le cap. Elle revoit la ferme de l’oncle Jo où on l’avait envoyée pendant la guerre pour la rapprocher du lait, des œufs, des fruits et de la viande.  Elle se rappelle les animaux qu’elle a vu mourir , le porc, le mouton, les lapins. La lame, le flux rouge  et les soubresauts. Elle se dit que ses filles vont voir son sang sur les murs de la cuisine , que c’est ça le pire. L’idée lui arrache un gémissement bouche close, elle voudrait tellement  éviter cela.

Elle n’y peut rien elle ne peut qu’attendre, les yeux fermés, en appelant silencieusement  – Pierre, qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Je voudrais  que les enfants ne gardent pas de moi cette image torturée, j’aimerais leur laisser un calme sourire, comme toi après ton attaque. Lorsqu’ils ont refermé le couvercle, tu avais l’air de sourire, encore . C’était comme si tu disais, une fois de plus – Tout va bien, les amours, c’est le bonheur là, non ?

-Pierre !

 Elle entend sa propre voix appeler et ouvre les yeux.

Elle est seule, effondrée assise contre le mur, le couteau brille sur la table près de la brioche, dans la cuisine  vide (...)
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Published by Léonie Colin
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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 07:49

Si vous avez un problème requérant les talents d'un enquêteur affûté, confiez-le à Emma B. , capable de reconnaître un lieu à partir de simples reflets sur l'eau.
Emma , je te suggère une enseigne: Emma B., enquêtes et filatures.
Et à part cela, le musée-Piscine de Roubaix est un endroit magnifique.


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Published by Léonie Colin
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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 22:28

La dernière fois que j'ai posé une devinette super-difficile, elle a tenu douze heures ... je récidive: Où cette photo a-t-elle été prise hier ?
( C'est en France)
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:25
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 20:13

(...) De la pointe de la faucille, il écarte  des broussailles, puis une bâche qui n’a plus de couleur. Il extrait le vélo qu’il agrippe par le porte-bagages pour le hisser vers lui. La chaîne semble en état , les pneus ont l’air corrects, il les gonfle en espérant que les boyaux hors d’âge n’expireront pas tout de suite.

Il range tout ce qui pourrait attirer les rôdeurs et ferme soigneusement sa porte. Il lui faut monter la bécane  jusqu'au chemin qui suit la voie ferrée , rejoindre la départementale et traverser le pont routier pour atteindre le campement de l’autre.

La pente est dure, les voitures vont bien  vite , certaines klaxonnent le cycliste aux vêtements sombres qui peine sur ses antiques pédales . Il est dépassé par un essaim  de fringants retraités emmaillotés de nylon fluo , le crâne baissé sous leurs casques ovales. Leurs vélos luisants et leurs lunettes profilées les font ressembler à d’énormes  insectes bioniques,  en le doublant ils lui infligent  le spectacle de leurs arrières-trains maigres moulés dans des tissus collants .

Ils ont disparu lorsqu’il s’arrête et cache sa monture de ferraille pour marcher vers le pont . Tapi contre un talus , il découvre les hommes caparaçonnés de toile orange occupés à remonter branches et planches qu’ils entassent dans une remorque. Le vrombissement d’une tronçonneuse éclate sous l’arche, un grand nettoyage est en cours. Personne en vue à part les ouvriers, l’inquiétude le tient. Son voisin a disparu corps et biens.

 Il lui tarde de rentrer à l’abri des machines, des couleurs ignobles et de tout ce qui va vite. Pesant, indifférent au passage du dix-huit heures douze , à ses lignes de pêche qu’il doit relever, aux belles récoltes annoncées par les châtaigniers, il pédale sans regarder autour de lui. (...)

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Published by Léonie Colin
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 09:50

Je n'avais plus de batterie pour mes deux pancartes préférées: Plus d'indiens, moins de chefs et A quand la crise du machisme?

Dans l'immense fleuve de colère et d'inquiétude qui a envahi les rues hier, je 'oublierai pas le couple de soixante-dix ans, sourire aux lèvres, les cheveux blancs ,  et le fils coiffé à la mode, la peau des bras et les tatouages au soleil. Ses jambes coupées émergeant du fauteuil roulant et l'impression de force et  de courage qu'ils dégageaient tous les trois.
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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 19:40

Bon alors voilà que la terre n'est pas ronde, exit le joli globe lisse et luisant avec les mers bien bleues et les montagnes coloriées. Il rejoint les champignons luisants rouges et blancs, les princes charmants en culottes bouffantes,  le Père Noël jovial et les gâteaux à la crème de couleurs vives au magasin des trucs qui n'existent pas.
Je me souviens pourtant d'y avoir cherché le Kilimanjaro ou la Transsylvanie, je sens encore la surface vernie de la proprette planète sous mes doigts.
La science le confirme, la terre est patatoïde, et le satellite qui va mesurer ses bourrelets s'appelle Goce.


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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 22:33
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 13:01

Que feriez-vous s'il vous restait 500 secondes à vivre et 500 euros à dépenser ? A tagueur tagueuse et demie : Khass m'a refilé le bébé , venu de chez Magali Duru, auquel il fallait joindre la sixième image de son dossier le plus récent (Là, c'est moyennement raccord tout de même)


Mrs K. m'a donné le top. Ça tombe à pic. Le cercle des soumis baisse la tête devant l’Affreux. Je me lève, je lui souris pour la première fois  (il vient de cesser de parler, ce n’est pas si fréquent), je lance vers ses gros yeux marron - Je vais vous laisser, j’ai rendez-vous dans cinq cents secondes. Les assis s’enfoncent un peu plus dans leurs sièges, je  salue du coin de l’œil P et R , les seuls vivants de l’assemblée et je descends. 60 ‘’

 

La route est déserte, normal pour  une matinée en semaine. Longer le fond de la baie, marée haute, le Mont flotte comme un drôle de paquebot, les moulins ressemblent à des sémaphores. Traverser le pont, descendre vers le port, les mâts serrés les uns contre les autres. Je passe régler le mois de ponton en cours, cent vingt euros. Je laisse les clés de la voiture à Liliane, la chef du port, c’est plus sûr. Et puis  une enveloppe avec cent quatre vingt dix euros pour chaque enfant. Il va inviter ses copains au resto, elle va se dégotter un billet d’avion pour loin. Je les connais. 340’’


Tout ce que j’aime en arrivant à bord : ouvrir le capot, retrouver le parfum d’ épices de la cuisine  et d’autre chose, je ne sais pas quoi. L’odeur qui me fait penser : j’arrive chez moi. 50’’.


Encore 50’’ Je démarre le moteur , son tempo régulier me rassure.

Je me verserais bien un verre du petit Chablis qu’on garde dans les fonds,  ça me ferait trop penser à l’homme. Le Prince Charmant se débrouillera bien sans moi, il faut juste qu’il n’oublie pas de prendre ses médicaments. Si Mistigri pouvait le lui rappeler quand  elle fait son cirque devant le frigo.


Sortir du port, installer le pilote automatique, viser l’horizon.

La paix

Coline , je te tague.
Pierre , je te tague aussi .
Mrs Bovary a joué aussi
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